C’était
il y a dix jours à Lucerne: l’athlète sud-africain Oscar Pistorius
manquait d’une petite seconde son billet pour les JO de Pékin. Cette
élimination est la fin d’un rêve pour un athlète mais c’est également
la fin d’un long débat qui a agité le monde de l’athlétisme durant de
nombreuses semaines. Car Pistorius a “un petit plus”… il n’a pas de
jambes. Surnommé Blade Runner, ce dernier court en effet avec deux
prothèses en carbone spécialement conçues pour la compétition. Deux
prothèses qui n’étaient pas du goût de la Fédération internationale
d’athlétisme qui, en janvier, a jugé qu’elles lui procuraient un
avantage par rapport aux autres athlètes.
Pistorius, un cas d’école. Et déjà d’autres cas de “techno-sapiens” apparaissent.
Et
ils ne concernent pas uniquement le sport. Certes, il y a l’armée, qui
rêve toujours d’une sorte de Robocop, mais il y a avant tout des
“hommes bioniques” comme Jesse Sullivan. Sans bras, il est le premier
homme capable de commander deux prothèses avec son cerveau. Plus fort
encore: il y a Kevin Warwick. Ce chercheur britannique est devenu le
premier cyborg au monde après s’être implanté une puce dans le bras,
qui lui permet d’actionner une main robotique à l’autre bout du monde.
Mi-homme, mi-robot…. jusqu’où peut-on aller?
Car parallèlement à ces expérimentations, la robotique se développe elle aussi.
Une
technologie du futur censée améliorer notre vie de tous les jours. Une
intelligence artificielle à laquelle nous, simples humains, devrons
nous préparer. Mais comment? Et sous quels critères? Car finalement, la
technologie doit-elle viser le bien-être humain? Ou au contraire,
doit-elle augmenter notre force et nos compétences physiques, voire
mentales? De Pistorius à Robocop, le Grand 8 part à la rencontre de
l’homme de demain.
Avec:
Daniela Cerqui, docteur en anthropologie à l'Université de Lausanne
Stéphane Koch, président de l'Internet Society Genève, professeur à l'école CREA
Frédéric Kaplan, chercheur à l'EPFL et collaborateur à des travaux concernant la robotique et les interfaces "homme-machine"
Alexandre Vautravers, directeur du département de relations internationales de l'Université Webster